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Le Livre !

On l’a fait 😊

Vous pouvez d’ores et déjà commander votre exemplaire de Double vue, recueil de picoNouvelles et de dessins, réalisé en duo par Sabachan et moi-même. Certains ont été publiés ici et tagués « atelier des musées » mais vous y trouverez aussi des textes et des dessins exclusifs.

Double-vue, 90 pages exceptionnelles inspirées d’œuvres d’art, disponible format poche directement auprès des auteurs, Sébastien Guido et moi-même, ou en vente sur le site blurb aux formats poche, broché et électronique !

Recueil de nouvelles et d’illustrations dessinées au stylo, « Double vue » s’inspire d’œuvres d’art classiques. Fantastiques, introspectives, légères ou passionnées, ces picoNouvelles – ou très petites histoires – vous emmènent au musée et bien au-delà. Suivez le guide !

Double vue est auto-édité, il est donc également auto-diffusé.

Aidez-nous à le faire connaître en en parlant autour de vous et en diffusant l’info sur vos réseaux sociaux. Merci ! Continuer la lecture de Le Livre !

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Comme du gâteau !

En général, j’aime bien les recettes atypiques, celles qui me font voyager dans ma cuisine, avec des choses inédites, des ingrédients bizarres, des associations inattendues…

Cette fois, je revisite un gâteau tout bête : le gâteau au yaourt. Mais bon, vous me connaissez, je ne vais pas me contenter d’un bête cake au yaourt, d’autant qu’il faut avouer que la seule qualité du gâteau au yaourt c’est sa simplicité de préparation, parce que c’est quand même pas le meilleur gâteau du monde.

Voilà l’occasion de changer ça en y ajoutant l’ingrédient secret du jour : la farine de pois chiche !

Oui, je sais. Moi aussi j’ai eu des doutes. Mais bon, le cuistot jurai ses grands dieux que si si, c’est délicieux et comme j’en ai 3 kilos dont je ne sais pas trop quoi faire dans ma cuisine, je me suis dit qu’au pire, je perdais un yaourt et une heure de temps.

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Les ingrédients :

  • 1 yaourt nature
  • 1/2 huile de pépin de raisin (ou autre)
  • 2 sucre
  • 3 farine de pois chiche
  • 2 oeufs
  • 1 paquet de levure
  • arôme

mesuré en pot de yaourt, bien sûr…

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La recette :

Sans surprise, c’est simplissime…

  1. Faites préchauffer votre four  à 180°C
  2. Mélangez tous les ingrédients dans un saladier, attention aux grummeaux.
  3. Enfournez 45 minutes, vérifiez la cuisson avec la pointe d’un couteau avant de sortir
  4. Dégustez !

Donc j’ai testé à la noisette : le résultat est excellent, avec un goût de noisette grillé qui a remporté tous les suffrages familiaux.

Là j’ai café et pistache au four, je reviendrai vous dire comment c’est bon… Avec des photos !

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Le bortsch

Recette validée par Pouné

Je n’aime pas la betterave. Je mange de tout, absolument de tout, même si j’aime certaines choses plus que d’autres, mais de la betterave, jamais ! Surtout en vinaigrette… Ça ne pouvait pas durer… Après avoir timidement goûté des verrines à la betterave (pas trop mauvais), j’ai tenté le smoothie : betterave, orange, citron et un chouïa de gingembre. Plutôt pas mal, voir très bon. Encouragée par mes découvertes j’ai fait quelques recherches plus avancées sur la cuisine de la betterave et je suis tombée sur… le bortsch !

– A tes souhaits !

Merci. Quézako ? Quéto qu’o l’est qu’tche, comme eut dit ma grand-mère ? Et bien le bortsch, c’est un pot-au-feu à la betterave, tout bêtement. Le principe est donc simple : laisser mijoter du boeuf et des légumes le plus longtemps possible avant d’engloutir le tout comme des sauvages en se brûlant la langue. Continuer la lecture de Le bortsch

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Thaumaturge

Anne posa ses mains sur l’enfant devant elle. Celui-ci était particulièrement laid, le visage déformé par l’infirmité qui lui tordait le cou. La mère se tenait tout près, récitant son chapelet à mi-voix, accompagnée par le prêtre.

Anne ferma les yeux et se mit au travail. L’enfant gémissait, la douleur était forte sans doute, malgré la souplesse de ses articulations encore tendres. Il s’y était certainement habitué et cela la mettait en colère, l’accoutumance qui s’installait et la douleur qui augmentait toujours. Continuer la lecture de Thaumaturge

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Les déesses dans nos têtes

Parfois je rêve d’un monde où l’apparence ne pourrait pas voiler les déesses qui vivent dans nos têtes et où on les verrait virevolter et scintiller, pudiques et mystérieuses mais grandioses et sublimes à l’ombre des charmilles. Pourquoi faut-il donc se contenter d’un visage anonyme et de prêt-à-porter quand nous incarnons secrètement tout le royaume des fées ?


Inspiré par ma chère planctoune, qui tente de vider l’océan à la petite cuillère…

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Super

La grande roue ne s’arrêtait jamais, tournant sans trêve pour alimenter l’Asie en électricité. Sa silhouette massive dominait la ville et servait de point de repère à plusieurs de dizaines de kilomètres alentour.

– Laisse le tranquille Louis !

– Hé Super ! Retourne faire le hamster !

– Arrête Louis, maman dit que Super est une personne, il a des sentiments aussi.

– Il est même pas humain et de toutes façons ta mère croit que son chat a des sentiments !

La bande de gamins se mit à rire méchamment et à lancer des insultes salaces. Continuer la lecture de Super

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La belle bleue !

P’tit Rex – Une Nissan djônck toute neuve !

Moi – Une quoi ?

P’tit Rex – Une djônck. Djônck !

Moi – T’écris ça comment au juste ?

P’tit Rex – Djônck, J-U-K-E. La djônckerra.

Cherchez pas, vous vous feriez mal au crâne pour rien. Profitez seulement du spectacle, c’est pas tous les jours qu’on assiste à un tel feu d’artifice neuronal. Quoique…

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Le bout du bout

Whiskyi – Ouvrez grand vos oreilles, si vous voyez une voiture bleue.

Moi – Flûte, j’ai oublié mes tâtons !

Pour ceux qui arriveraient au milieu de cet affligeant récit, non, Whiskyi n’est pas synesthète, juste dysfrancique. C’est à dire qu’à cause pas bien la France et qu’il fallait donc trouver ladite voiture bleue à l’oreille. Ma mauvaise foi et un souvenir ému de Devos ont fait le reste…

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P’tit Rex, les canards de l’espoir

P’tit Rex – C’est quoi déjà que t’as commandé pour le réveillon ? Des foies de canard à la sauce espérance ?

Moi – Des magrets de canard au piment d’Espelette.

P’tit Rex – Ah ouais, j’étais pas loin hein !

Moi – Tout à fait, d’ailleurs, vu de Sirius, c’est quasiment l’Espagne…

Un canard basque – Coin ! Coin ! (C’est à dire : Au secours !)

Un autre canard basque – Cua! Cua ! (C’est à dire : Ayúdame !)

PS : j’avoue, il n’y avait pas de canard à proximité, même pas de canard indépendantiste masqué et prêt à faucher les champs de maïs OGM piment AOC. Il y avait un pigeon, mais il n’a pas beaucoup participé à la conversation. Le reste de cette conversation en revanche, a réellement eu lieu. Quand je vous dis que l’ostréiculture a de beaux jours devant elle !

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P’tit-rex déboussolé

Parfois l’huître est hargneuse, agressive, pour tout dire, elle rechigne à donner sa perle. Voire même, elle mord. Voici donc la pinctada p’tit-rex, sans muselière :

P’tit-rex – J’ai du mal à me concentrer, ils m’ont détourné la tête !

Thomas – En effet les scientifiques s’accordent a dire qu’ une rupture de la moelle épiniaire est préjudiciable a la concentration 😁

Moi – La contemplation intensive des perles aussi…

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Balance ton porc

D’habitude je ne suis pas l’actualité. Mais là, j’ai eu un choc.

Ce ne sont pas quelques militantes ou personnalités qui prennent la parole mais toutes les femmes qui osent enfin nommer leurs agresseurs, des hommes qui se sont permis de les toucher contre leur volonté, qui les ont violées, parce que des siècles d’obscurantisme ont ancré dans les mentalités que la femme est un objet qui appartient à l’homme.

On est très loin d’avoir résolu le problème mais le premier pas est fait, le plus important, le plus difficile, celui d’admettre qu’il y a un problème et d’en parler. Refermer le couvercle et cacher toute cette souffrance dans l’ombre n’est désormais plus possible et je suis profondément émue et touchée d’être témoin de ce changement radical dans l’histoire.

Je ne connais pas une seule femme parmi mes amies qui n’ait subi ce type de comportement à un degré ou à un autre et je ne suis malheureusement pas une exception.

Savoir et comprendre sont deux choses bien différentes et savoir que ce que l’on a vécu n’est pas normal ne signifie pas nécessairement que l’on a entièrement conscience de ce qui s’est passé. C’est ce qui change aujourd’hui, pour les victimes comme pour leurs agresseurs et c’est une très bonne chose.

Mais ça, c’est après, lorsqu’on peut prendre le temps de réfléchir. Sur le moment, l’évolution nous a programmé.es pour réagir à une agression de trois manières possibles : le combat, la fuite ou la sidération.

On pourrait débattre de l’opportunité de chaque réaction et de leur efficacité mais la vérité est que l’on n’a pas le choix, ces réponses sont instinctives et ne peuvent pas être maîtrisées (à moins peut-être d’être un maître yogi version ninja).

Problème, la sidération est interprétée avec plus ou moins de mauvaise foi comme un consentement, ce qu’elle n’est pas, raison pour laquelle je milite pour que le consentement soit actif.

Autrement dit, si je n’ai pas dit oui, c’est non. Peut-être, c’est non. Je sais pas, c’est non. Et quand je dis non, j’attends que l’on respecte mon choix parce que oui, j’ai le droit de prendre les décisions qui me concernent et non, personne n’a le droit de décider à ma place, que ce soit l’usage que je fais de mon corps, les vêtements que je porte ou les gens que je fréquente.


Je ne veux pas rentrer trop dans les détails, je dirai juste que moi aussi j’ai eu affaire à un porc qui m’a traitée comme un objet. Ce jour-là, dire non n’a pas suffit, me débattre n’a pas suffit. Mon agresseur s’est arrêté quand j’ai arrêté de me débattre et que j’ai fait la morte, avec ce commentaire qui veut tout dire « T’es pas marrante ». Faut croire qu’on n’avait pas le même humour. Et le pire c’est que j’ai eu beau cesser de le voir après ça, et trouver que ça n’est pas normal, il ne m’est jamais venu à l’esprit que j’avais subi une agression et que j’aurai pu porter plainte. Et pourtant je vois des cas semblables au boulot régulièrement.

L’histoire ne s’arrête pas là, car ce porc là se trouvait être le père de mon enfant à naître, chose que j’ignorais à ce moment là. J’ai pris seule la décision de ne pas garder ce bébé et je ne peux pas dire que l’accueil reçu à l’hôpital ait été exemplaire. L’impression de déshumanisation me reste encore comme un malaise plus d’une décennie après, celle de n’avoir été qu’un numéro sur une liste d’opérations à accomplir avant midi, l’impossibilité de discuter avec qui que soit du corps médical et de poser les questions qui se bousculaient dans ma tête. Certaines de ces questions continuent encore de me hanter aujourd’hui car elles sont toujours sans réponses.


Je m’égare ? Je ne pense pas car ce que je veux défendre ici, c’est le droit des femmes à disposer d’elles-même. Et ne me lancez surtout pas dans un débat sur les conditions dans lesquelles les mères accouchent, je vais m’énerver.

Aujourd’hui enfin la parole se libère, avec parfois autant de violence qu’elle a été réprimée. Mais au delà des agressions qui sont punies par la loi, il y a aussi toute la violence ordinaire des injonctions de la bienséance qui veut par exemple qu’on se fasse la bise pour dire bonjour. J’ai mis 15 ans à avoir le courage de dire à mes collègues que non, je ne veux pas leur faire la bise. Et je n’ose toujours pas leur dire que si je pouvais, je ne les toucherais pas du tout parce que déjà en refusant de faire la bise je passe pour une asociale.

Au passage ça m’éviterait de me faire broyer la main par les victimes d’un complexe d’infériorité qui croient que c’est viril d’écraser les doigts des gens et ça me permettrait peut-être de porter mes bijoux sans qu’ils me cisaillent les doigts.

Le respect de soi, de son corps, de ses choix et de celui de l’autre, ça commence dès la petite enfance. Ca commence en apprenant aux enfants qu’ils ont le droit de ne pas faire la bise s’ils n’ont pas envie – mais que dire bonjour c’est nécessaire. En arrêtant de les chatouiller quand ils vous supplient d’arrêter. Et jusqu’à accepter qu’ils ne veuillent pas manger telle chose qui les dégoûte, parce que même si en tant qu’adulte vous savez ce dont ils ont besoin, ils ont aussi besoin d’apprendre à écouter leur corps et ses besoins et que leur inculquer que c’est l’adulte qui décide ce qui doit pénétrer leur corps ne me semble pas une très bonne idée.

Respecter les décisions de l’autre, ça n’est pas toujours facile mais ça s’apprend. Respecter l’autre exige une étape supplémentaire, celle de lui permettre d’effectuer un choix éclairé, en ayant connaissance des tenants et des aboutissants. Il y a là des progrès immenses à accomplir dans tous les domaines et pas seulement en ce qui concerne les agressions sexuelles.

Respecter l’autre, c’est une idée proprement révolutionnaire car cela signifie la fin du secret. La fin de l’adultère. La fin de cette culture paternaliste qui permet à quelques un de décider pour tous sous prétexte que l’on sait mieux, que les électeurs sont des cons, qu’il est vital de garder le secret.

Hé, les gens, j’ai un scoop ! Le secret tue !

Le secret, c’est celui qui permet à l’agresseur de s’en sortir, parce qu’une victime silencieuse n’existe pas. C’est vrai pour les agressions sexuelles, c’est vrai pour les politiques qui cachent leurs notes de frais, c’est vrai dans tous les domaines. Lorsque nous seront libérés de la culture du secret et que nous serons pour de vrai une société de la parole, l’humanité aura enfin grandit.

En attendant, je continuerai à l’ouvrir et à déconstruire les expressions toutes faites comme celle-ci qui nous fait tant de mal :

Qui ne dit mot consent