La ch’tite michante sorcieure jaeyante

‘- Une sorcière fait attention à tout ce qui se passe. Une sorcière se sert de sa tête. Une sorcière est sûre d’elle. Une sorcière a toujours un bout de ficelle…
– Moi, j’ai toujours un bout de ficelle ! s’exclama Tiphaine. Ça rend toujours service !
– Bien. Mais la sorcellerie ne se réduit pas à de la ficelle. Une sorcière voit à travers et derrière les choses. Une sorcière voit plus loin que la plupart des gens. Une sorcière voit ce qu’il y a au-delà. Une sorcière sait où elle est, et aussi quand. (…)’

Voilà comment Tiphaine Patraque, jeune fromagère du Causse, décide de devenir sorcière. Parce que sa mémé lui a apprit que quelqu’un doit parler pour ceux-là qu’ont pas de voix. Et aussi parce que les sorcières sont des fouineuses par nature et que dans ses moments perdus, elle a appris le dictionnaire par cœur. Surtout les mots compliqués comme « susurrement »…
L’histoire de Meret, bien triste, est supposée tirée de faits réels (je n’ai pas pu en acquérir la certitude). Celle de Tiphaine, elle, est purement imaginaire, voire même un brin capillotractée… Elle est néanmoins purement jubilatoire et comme le rire n’empêche pas la réflexion, je vous propose de découvrir ensemble ce que monsieur Terry Pratchett appelle la sorcellerie. Et quand ce sera fait, je prendrai mon chapeau de ciel, mon uniforme bleu, et j’irai (sans bout de ficelle), faire le travail ingrat mais nécessaire qui est le mien. 
‘Oui, tu es une sorcière née, c’est sûr, (reprit la kelda en soutenant son regard). Tu as en toi un petit noyau de résistance, c’est ça ? Un îlot qui observe le reste de ta personne. Tu bénéficie de la première vue et du second degré, c’est un petit talent et une grande calamité. Tu voies et entends ce que les autres ne perçoivent point, le monde te dévoile ses secrets, mais tu es toujours comme l’invité à une soirée qui reste dans son coin avec un verre et ne peut point se joindre à la compagnie.Il y a un petit noyau en toi que rien ne fera fondre ni s’écouler.’
(traduit du feegle, une langue inconnue dans cet univers)
Les romans du Disque-Monde :
  Les ch’tits hommes libres (the wee free men)
  Un chapeau de ciel (A hat full of sky)
  L’hiverrier (Wintersmith)
  Je m’habillerai de nuit (I shall wear midnight)
Les annales du Disque-monde :
  Coup de tabac (Snuff)

A première vue c’est du second degré…

 

La jeune Tiphaine Patraque est une apprentie-sorcière. Ses principales qualifications pour le job ? Sa première vue et son second degré… En effet, si la plupart des gens obéissent à la première loi du sorcier (« Les gens ont tendance à tenir pour vrai ce qu’ils souhaitent être la vérité ou ce qu’ils redoutent être la vérité. » L’épée de Vérité, Terry Goodkind) et ne regardent pas vraiment ce qui les entoure, Tiphaine elle, ne se laisse pas abuser et voit ce qui est vraiment là. Et elle prend le temps d’y réfléchir à deux fois avant d’agir…

On pourrait croire que ce n’est là que pure fiction. Pourtant, aussi grand soit le talent des écrivains, la plupart se basent sur des faits réels puis dérivent vers la fiction. Ainsi de telles capacités existent bel et bien mais sont nettement moins glamour en vrai…
En particulier les gens qui en sont doués ne peuvent certainement pas faire voler de balai (sauf lorsqu’ils sont très énervés après le chat du voisin) ni changer les gens en crapauds (même si les gens en question se sentent à ce point transpercés par leur regard qu’ils seraient prêt à y croire… ce qui est la moitié du boulot d’après Mémé Ciredutemps).

Malheureusement les gens qui ont vraiment des capacités similaires n’ont rien de magique. Il s’agit ‘simplement’ d’une capacité à percevoir plus de choses, de sens plus  développés et moins filtrés par le cerveau. Un bon exemple (quoique fictif toujours) serait le personnage de Michael dans Prison Break (soupir…) qui perçoit, comprend et mémorise mieux que le commun des mortels.

Combien parmi les gens doués de ces capacités ont-ils été accusés par leurs contemporains de sorcellerie et mis à mort ou ostracisés ? Leur sort est-il meilleur aujourd’hui ? Ici peut-être, ailleurs rien n’est moins sûr, quoique j’ai entendu une vague rumeur de sociétés qui valorise de tels êtres…

Un Eden que je cherche avec espoir car oui, je suis une p’tite sorcière jaeyante, un chat quantique, une louve (qui court avec les femmes !), une fée furieuse ! J’ai pas de bout de ficelle mais j’ai un crayon et un bout de papier et je trouve que ça devrait compter. je suis pointilleuse, je suis logique, et je cherche dans les livres ce que je ne comprends pas !  Je lis des livres très vite ! Je réfléchis ! Oui, je suis moi, voilà qui je suis !

et aussi ami/oureuse, triste parfois, mais ça c’est pas vraiment moi, ex-accordéoniste, éleveuse de poissons…

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