ASA #6, Noël ’17

Pouné venu se promener près de mon chez moi, c’était une occasion à ne pas manquer : la première assemblée générale de l’Association des Savonneuses Anonymes. Des Savonneuses, oui, puisqu’en ces temps de revendication féministe, il est bien vu de faute-d’orthographer, j’ai décidé en toute unilatéralité – et malgré mon ambidextrie – d’accorder le mot selon la règle de la majorité.

N’ayant point trop d’idée pour une fois et n’étant guère aidée par mes co-addicts, je me suis rabattue sur une recette du livre de Léanne et Sylvain Chevallier, Je crée mes savons au naturel, L’art de la savonnerie à froid, recette que j’ai modifiée à peine un chouïa, pour remplacer le lait par du lait concentré non sucré.
Puisque mon placard à savon était désespérément vide et que j’avais de la main-d’œuvre disponnible, j’ai décidé d’en faire 2 kilos (d’huile, dont environ 3kg de savon) et donc de jouer un peu sur l’apparence. Nous avons donc réalisé 1kg (d’huile toujours) de pâte « naturelle », sans colorant et 1kg de pâte « bleue » qui est ressortie plutôt verte à cause de la forte coloration des huiles utilisées.

La trace est venue vite mais la pâte est restée suffisamment souple pour être moulée sans trop de problèmes. Nous avons fait un savon avec une ligne de garance séparant les couleurs et un motif de « vagues » sur le dessus, un autre avec des rayures verticales en utilisant un moule à séparations, décoré de ce magnifique mica bleu-vert qu’il faut que j’aille chercher absoluement chez aromazone et des fleurs bicolores agrémentées de taches de mica violet du plus bel effet.

Une semaine plus tard, les savons collaient toujours un peu à leur moule et j’ai craint qu’ils ne durcissent pas, peut-être à cause du lait concentré qui ajoutait trop de matière grasse comparé à la recette originale. Je suis quand même parvenue à les démouler sans problème et à découper les barres en savons individuels grâce à mon découpoir maison. Dès le lendemain, ils semblaient avoir séché correctement. Testés (oui, je suis totalement incapable d’attendre la fin de la cure avant de tester mes savons), ils faisaient une jolie mousse aérée.

J’ai résisté autant que possible et aujourd’hui, un mois après, j’ai enfin fait un dernier test avant d’en poser un sur le bord de mon évier : la mousse est extraordinaire, très dense et crémeuse. Pour le peu que je m’en suis servie, il semble laisser la peau bien nourrie et hydratée, à voir si une utilisation quotidienne confirme l’exceptionnelle qualité de cette recette, que je referai à n’en pas douter !

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ASA #5 : Nouvel adhérent…

« – Bonjour, je m’appelle Pouné et je viens de faire mon premier savon. Je suis accroc.
– Bonjour Pouné ! »

Vous l’aurez compris, l’Association des Savonneurs Anonymes s’enorgueillit d’un nouvel adhérent – qui m’oblige au passage à masculiniser le nom de l’asso, foutue dictature patriarcale ! Mes vacances chez Pouné se sont transformées en stage intensif de SAF, le voilà contaminé et je passe donc fièrement au statut de dealer 😀

Alors bien sûr, pour un premier essai, on n’a pas trop cherché la difficulté, je me suis contentée de lui proposer une recette très simple, coco, palme et olive. Les ingrédients ont été dénichés facilement, lessive de soude et gants au magasin de bricolage local, huile de palme rouge, huile de coco et des jolis tampons pour la déco dans une alimentation exotique, un mixeur et une maryse qui seront réservés à la SAF et de l’huile d’olive en supermarché. Coût total 40€.

On a commencé par apprendre à utiliser Soapcalc. 😓 Pouné parle pas trop anglais mais heureusement le nom des huiles ne change pas dans cette langue barbare et ça a été comme sur des roulettes. Les proportions choisies donnent un savon peu moussant mais très doux pour la peau, pas exactement idéal mais pas pourri non plus, on garde. On s’est équipés en cosmonautes, blouse, gants, lunettes ; on a préparé nos ustensiles (piqué un moule à gâteaux pour l’occasion à Mounette qui n’était pas contente) et on s’est lancés.

  1. Pesage des huiles solides et fonte au bain marie
  2. Pesage de l’huile d’olive, ajout dans les huiles
  3. Pesage de la lessive de soude (attention, soapcalc comme tous les calculateurs que je connais donne pour les lessives alcalines des résultats bizarres. Pour avoir la bonne quantité de lessive à employer, il faut ajouter les quantités qu’il donne pour la lessive et l’eau – Vérification faite avec les indices de saponification)
  4. Vérification de la température des huiles (doit être inférieure à 40°C)
  5. C’est là qu’on commence à rigoler…  Versage de la soude dans les huiles – doucement
  6. Mixage… Et là, j’ai un instant de panique parce que ça prend à une vitesse hallucinante mais que dans le fond du saladier. Au-dessus, une énorme quantité d’huile qui vaque bêtement sans se douter du drame qui se joue. Je reprends les commandes du mixeur, je mélange vigoureusement sans mixer, j’arrive à rattraper le coup et nous revoilà avec une joli trace pas trop épaisse qui prend à un rythme correct. Je repasse la main pour que Pouné puisse sentir la consistance du bidule et
  7. Versage en moules
  8. Maintenant on attend. On en profite pour faire la vaisselle, histoire de calmer Mounette qui veut récupérer son saladier – et d’éviter qu’elle mette les doigts dans la pâte à savon fraîche, un accident est vite arrivé. Dîner, dodo, petit dèj.
  9. Démoulage ! Youpi, ils sont juste durs comme il faut, avec déjà une trace de cendre de soude à la surface. La couleur est belle, vive l’huile de palme au rocou.
  10. Tamponnage
  11. Séchage. Bon, bah, là, ça va être plus long n’est-ce pas… Rendez-vous en août pour des nouvelles du premier savon de Pouné !

ASA #3 : Savon Liquide façon Savon Noir

Une fois n’est pas coutume, l’atelier s’est délocalisé à l’occasion de l’inauguration savonnière de la nouvelle cuisine de Rise, ma jumelle de savons. Elle avait une demande très précise : un savon liquide pour offrir à une collègue lessivière mais qui puisse aussi faire bain moussant.
Heu… Le bain moussant à la machine à laver ? T’es sûre ? On a donc ajusté les proportions en espérant trouver un compromis viable et sorti la soude la lessive de potasse.
C’est là qu’il faut être attentif 😉
Ma cop’s Rise et moi, on a l’habitude de la soude en poudre, on utilise jamais de lessive (la lessive de potasse c’est de la potasse déjà diluée en l’occurrence, celle-ci est dosée à 50%). On n’avait pas l’habitude des tracasseries des calculateurs… On a donc commencé à bidouiller soapcalc joyeusement :

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On a bien mis potasse (KOH) et lessive concentrée à 50% (lye concentration). On a ajouté nos huiles, ajusté le surgras et lancé le calcul. On a obtenu un truc dans ce style (cette image est un exemple, ne vous basez pas sur ces valeurs surtout)

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Le fait qu’il y ait une quantité d’eau en plus de la lessive de potasse m’a mis la puce à l’oreille (ça gratte)…

Rise – Moi la dernière fois, j’ai fait comme ça, j’ai mis la lessive de potasse et j’ai mis la quantité d’eau indiquée. Mais je sais pas, je me suis galérée avec un savon qui n’a pas arrêté de déphaser, l’huile qui surnage… J’ai failli le jeter mais j’ai fini par y arriver.
Mélusine – … Hum, je me demande s’il ne te manquait pas de la potasse…

On s’est regardées, on a regardé le soapcalc, songeuses…

Mélusine – Je refais le calcul, ya qu’à peser les huiles en attendant.

Direction le site d’aroma-zone, fiche descriptive des huiles, je note les indices de saponification, petite règle de trois en fonction de la quantité d’huiles et… Ah bah oui, il en manque la moitié de potasse dit donc ! Serait-ce parce que j’ai mis concentration 50% ?
Je teste avec une concentration différente…

Mélusine – Rise, si j’ai bien compris comment fonctionne le calculateur, si on veut avoir la bonne quantité de lessive à utiliser, il faut additionner la quantité d’eau et la quantité de lessive et utiliser ce total comme quantité de lessive correcte. (Notez que tous les calculateurs que j’ai testés donnent le même résultat)
Rise – Ben pourquoi ils le mettent pas directement ?
Mélusine – ??? Ben… Le bon côté, c’est que si tu te plante au pire, tu as (comme toi l’autre fois) un savon qui prend pas et qui déphase, tu n’auras jamais un savon caustique.
Rise – Ouais ? Ça pourrait être pire ?
Mélusine – Voilà !

On a continué avec la nouvelle quantité de lessive, pleines d’espoir.

Et là, ô miracle ! La pâte à savon a pris en quelques minutes.

On a couvert le pot d’un film plastique (histoire d’éviter qu’un des enfants veuille goûter la bonne crème pâtissière… Suivi d’un voyage aux urgences) et on est allées se faire un thé.

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Après avoir refait le monde et ses savons jusqu’à épuisement de la théière, je suis rentrée dans ma cuisine personnelle. Rise de son côté a laissé le savon se reposer (ça fait beaucoup d’émotions d’un coup !). Le lendemain, elle a ajouté l’équivalent du poids de pâte en eau. Comme il a eu peur qu’on essaie de le noyer, elle l’a laissé se reposer encore un peu (c’est très sensible un savon nouveau-né). Après toutes ces péripéties, le savon était tout souple mais pas transparent, prêt à conserver ou à diluer.

Évidemment, elle n’a pas pu s’empêcher de le tester… Encore un atelier réussi, avec un bémol, ça mousse sur les mains mais pour le bain on repassera !

Si je devais la refaire, je remplacerait l’olive par du colza qui ne peut pas mousser moins et qui sera plus blanc.

Atelier Savon with Rise: op.1

Premier essai de savonnerie à deux mains dans le cuisine de Mélusine : branle bas de combat !
Un nôtre ami jouait les services de sécurité, le vinaigre à la main pendant que nous orchestrions le ballet des huiles et des beurres, de la balance à la casserole…
Une recette conçue pour une trace rapide et un démoulage express pour que Rise puisse emporter quelques exemplaires en fin de journée (à quand les stages de plusieurs jours !?), une recette donc disais-je qui m’a convaincue par sa rapidité, sa simplicité et la qualité du résultat. Continue reading « Atelier Savon with Rise: op.1 »