Publié le

P’tit Rex, les canards de l’espoir

P’tit Rex – C’est quoi déjà que t’as commandé pour le réveillon ? Des foies de canard à la sauce espérance ?

Moi – Des magrets de canard au piment d’Espelette.

P’tit Rex – Ah ouais, j’étais pas loin hein !

Moi – Tout à fait, d’ailleurs, vu de Sirius, c’est quasiment l’Espagne…

Un canard basque – Coin ! Coin ! (C’est à dire : Au secours !)

Un autre canard basque – Cua! Cua ! (C’est à dire : Ayúdame !)

PS : j’avoue, il n’y avait pas de canard à proximité, même pas de canard indépendantiste masqué et prêt à faucher les champs de maïs OGM piment AOC. Il y avait un pigeon, mais il n’a pas beaucoup participé à la conversation. Le reste de cette conversation en revanche, a réellement eu lieu. Quand je vous dis que l’ostréiculture a de beaux jours devant elle !

Publié le

Le Livre !

On l’a fait 😊

Vous pouvez d’ores et déjà commander votre exemplaire de Double vue, recueil de picoNouvelles et de dessins, réalisé en duo par Sabachan et moi-même. Certains ont été publiés ici et tagués « atelier des musées » mais vous y trouverez aussi des textes et des dessins exclusifs.

Double-vue, 90 pages exceptionnelles inspirées d’œuvres d’art, disponible format poche directement auprès des auteurs, Sébastien Guido et moi-même, ou en vente sur le site blurb aux formats poche, broché et électronique !

Recueil de nouvelles et d’illustrations dessinées au stylo, « Double vue » s’inspire d’œuvres d’art classiques. Fantastiques, introspectives, légères ou passionnées, ces picoNouvelles – ou très petites histoires – vous emmènent au musée et bien au-delà. Suivez le guide !

Double vue est auto-édité, il est donc également auto-diffusé.

Aidez-nous à le faire connaître en en parlant autour de vous et en diffusant l’info sur vos réseaux sociaux. Merci ! Continuer la lecture de Le Livre !

Publié le

P’tit-rex déboussolé

Parfois l’huître est hargneuse, agressive, pour tout dire, elle rechigne à donner sa perle. Voire même, elle mord. Voici donc la pinctada p’tit-rex, sans muselière :

P’tit-rex – J’ai du mal à me concentrer, ils m’ont détourné la tête !

Thomas – En effet les scientifiques s’accordent a dire qu’ une rupture de la moelle épiniaire est préjudiciable a la concentration 😁

Moi – La contemplation intensive des perles aussi…

Publié le

Balance ton porc

D’habitude je ne suis pas l’actualité. Mais là, j’ai eu un choc.

Ce ne sont pas quelques militantes ou personnalités qui prennent la parole mais toutes les femmes qui osent enfin nommer leurs agresseurs, des hommes qui se sont permis de les toucher contre leur volonté, qui les ont violées, parce que des siècles d’obscurantisme ont ancré dans les mentalités que la femme est un objet qui appartient à l’homme.

On est très loin d’avoir résolu le problème mais le premier pas est fait, le plus important, le plus difficile, celui d’admettre qu’il y a un problème et d’en parler. Refermer le couvercle et cacher toute cette souffrance dans l’ombre n’est désormais plus possible et je suis profondément émue et touchée d’être témoin de ce changement radical dans l’histoire.

Je ne connais pas une seule femme parmi mes amies qui n’ait subi ce type de comportement à un degré ou à un autre et je ne suis malheureusement pas une exception.

Savoir et comprendre sont deux choses bien différentes et savoir que ce que l’on a vécu n’est pas normal ne signifie pas nécessairement que l’on a entièrement conscience de ce qui s’est passé. C’est ce qui change aujourd’hui, pour les victimes comme pour leurs agresseurs et c’est une très bonne chose.

Mais ça, c’est après, lorsqu’on peut prendre le temps de réfléchir. Sur le moment, l’évolution nous a programmé.es pour réagir à une agression de trois manières possibles : le combat, la fuite ou la sidération.

On pourrait débattre de l’opportunité de chaque réaction et de leur efficacité mais la vérité est que l’on n’a pas le choix, ces réponses sont instinctives et ne peuvent pas être maîtrisées (à moins peut-être d’être un maître yogi version ninja).

Problème, la sidération est interprétée avec plus ou moins de mauvaise foi comme un consentement, ce qu’elle n’est pas, raison pour laquelle je milite pour que le consentement soit actif.

Autrement dit, si je n’ai pas dit oui, c’est non. Peut-être, c’est non. Je sais pas, c’est non. Et quand je dis non, j’attends que l’on respecte mon choix parce que oui, j’ai le droit de prendre les décisions qui me concernent et non, personne n’a le droit de décider à ma place, que ce soit l’usage que je fais de mon corps, les vêtements que je porte ou les gens que je fréquente.


Je ne veux pas rentrer trop dans les détails, je dirai juste que moi aussi j’ai eu affaire à un porc qui m’a traitée comme un objet. Ce jour-là, dire non n’a pas suffit, me débattre n’a pas suffit. Mon agresseur s’est arrêté quand j’ai arrêté de me débattre et que j’ai fait la morte, avec ce commentaire qui veut tout dire « T’es pas marrante ». Faut croire qu’on n’avait pas le même humour. Et le pire c’est que j’ai eu beau cesser de le voir après ça, et trouver que ça n’est pas normal, il ne m’est jamais venu à l’esprit que j’avais subi une agression et que j’aurai pu porter plainte. Et pourtant je vois des cas semblables au boulot régulièrement.

L’histoire ne s’arrête pas là, car ce porc là se trouvait être le père de mon enfant à naître, chose que j’ignorais à ce moment là. J’ai pris seule la décision de ne pas garder ce bébé et je ne peux pas dire que l’accueil reçu à l’hôpital ait été exemplaire. L’impression de déshumanisation me reste encore comme un malaise plus d’une décennie après, celle de n’avoir été qu’un numéro sur une liste d’opérations à accomplir avant midi, l’impossibilité de discuter avec qui que soit du corps médical et de poser les questions qui se bousculaient dans ma tête. Certaines de ces questions continuent encore de me hanter aujourd’hui car elles sont toujours sans réponses.


Je m’égare ? Je ne pense pas car ce que je veux défendre ici, c’est le droit des femmes à disposer d’elles-même. Et ne me lancez surtout pas dans un débat sur les conditions dans lesquelles les mères accouchent, je vais m’énerver.

Aujourd’hui enfin la parole se libère, avec parfois autant de violence qu’elle a été réprimée. Mais au delà des agressions qui sont punies par la loi, il y a aussi toute la violence ordinaire des injonctions de la bienséance qui veut par exemple qu’on se fasse la bise pour dire bonjour. J’ai mis 15 ans à avoir le courage de dire à mes collègues que non, je ne veux pas leur faire la bise. Et je n’ose toujours pas leur dire que si je pouvais, je ne les toucherais pas du tout parce que déjà en refusant de faire la bise je passe pour une asociale.

Au passage ça m’éviterait de me faire broyer la main par les victimes d’un complexe d’infériorité qui croient que c’est viril d’écraser les doigts des gens et ça me permettrait peut-être de porter mes bijoux sans qu’ils me cisaillent les doigts.

Le respect de soi, de son corps, de ses choix et de celui de l’autre, ça commence dès la petite enfance. Ca commence en apprenant aux enfants qu’ils ont le droit de ne pas faire la bise s’ils n’ont pas envie – mais que dire bonjour c’est nécessaire. En arrêtant de les chatouiller quand ils vous supplient d’arrêter. Et jusqu’à accepter qu’ils ne veuillent pas manger telle chose qui les dégoûte, parce que même si en tant qu’adulte vous savez ce dont ils ont besoin, ils ont aussi besoin d’apprendre à écouter leur corps et ses besoins et que leur inculquer que c’est l’adulte qui décide ce qui doit pénétrer leur corps ne me semble pas une très bonne idée.

Respecter les décisions de l’autre, ça n’est pas toujours facile mais ça s’apprend. Respecter l’autre exige une étape supplémentaire, celle de lui permettre d’effectuer un choix éclairé, en ayant connaissance des tenants et des aboutissants. Il y a là des progrès immenses à accomplir dans tous les domaines et pas seulement en ce qui concerne les agressions sexuelles.

Respecter l’autre, c’est une idée proprement révolutionnaire car cela signifie la fin du secret. La fin de l’adultère. La fin de cette culture paternaliste qui permet à quelques un de décider pour tous sous prétexte que l’on sait mieux, que les électeurs sont des cons, qu’il est vital de garder le secret.

Hé, les gens, j’ai un scoop ! Le secret tue !

Le secret, c’est celui qui permet à l’agresseur de s’en sortir, parce qu’une victime silencieuse n’existe pas. C’est vrai pour les agressions sexuelles, c’est vrai pour les politiques qui cachent leurs notes de frais, c’est vrai dans tous les domaines. Lorsque nous seront libérés de la culture du secret et que nous serons pour de vrai une société de la parole, l’humanité aura enfin grandit.

En attendant, je continuerai à l’ouvrir et à déconstruire les expressions toutes faites comme celle-ci qui nous fait tant de mal :

Qui ne dit mot consent

Publié le

Kitsch mais oh so good

Et une soirée de fous rires à trouver les vidéos les plus atroces sur YT. Avec Gotainer cependant, on touche au sublime.

Au passage, je suis toujours traumatisée d’avoir vu le héro de mon adolescence, Michael Knight (et K2000) dans ce que j’ai d’abord cru être une parodie avant de m’effondrer atterrée quand j’ai compris que non, en chanteur, il se prend totalement au sérieux. La fin d’un mythe…

Pour Marie et Kitsune 😉

Publié le

L’île St Thomas

http://2.bp.blogspot.com/-iiQlBr_8PPY/UQwLs-PVDXI/AAAAAAAAXPo/fkK0k2MoCMM/s1600/picture-of-st-thomas-island-view.jpg

Ces belles photos qui font rêver… Rien qu’à voir la couleur de l’eau, on est sûrs qu’il y vit de superbes huîtres perlières. En ce moment, c’est décidément la fête des Thomas ! Ou pas…

Moi je suis comme St Nicolas, je crois que ce que je vois.

Publié le

Le crâne de Newton

― Bonjour monsieur l’agent, c’est pour vous dire qu’hier, je suis allé cueillir des pommes.
― D’accord.
― Moi je voulais pas venir mais ma femme m’a dit qu’il fallait que je vous en parle.
― De quoi, des pommes ?
― Oui, c’est dans la rue Newton, il y a un pommier dans le terrain vague et des fois je vais cueillir des pommes.
― Vous avez fait une tarte ?
― Non, mais j’ai trouvé un crâne.
― Ah bon ? D’accord. C’est quoi comme crâne, un chien ?
― Non non, un homme.
― Ah ouais ? Tu me fais marcher, c’est ça ?
― Non, je vous jure. Un crâne là, près du pommier.
― Dans la rue Newton. Tu te paie ma pomme.
― Mais non je vous dis, vous n’avez qu’à venir voir avec moi, je vous montre où c’est.
Pimpon pimpon, ils y vont. Sous un pommier, dans la rue Newton…

― Paul Newton ?
― Mais non andouille, Isaac !
― Ben j’en sais rien moi !
― … de toute évidence…

Continuer la lecture de Le crâne de Newton

Publié le

Être ou ne pas être

Je m’aventurais dans une partie de la maison où je n’étais jamais entrée auparavant. Aleph m’avait mise en garde avec force contre les dangers d’ouvrir des portes sans savoir où j’allais. Pour certaines littéralement : j’avais un jour passé un seuil en rêvant les yeux ouverts à une amie d’enfance et je m’étais retrouvée dans son ancienne chambre, dans la maison de sa jeunesse qui était à présent occupée par une famille inconnue. Je n’avais échappé à une arrestation pour cambriolage que grâce à l’arrivée opportune d’Aleph. Depuis, je n’arpentais les lieux qu’avec la plus grande prudence et en suivant scrupuleusement ses instructions.
Malgré toutes mes précautions cependant, il semblait que je m’étais perdue. Je me trouvais en haut d’un escalier de bois sombre, fleurant bon la cire fraîche. Je consultais nerveusement le papier où j’avais noté la route à suivre. A droite après le patio météo, tout droit dans la coursive ondulée. A midi, passer la porte bleue puis traverser le hall.
Le patio, la coursive, la porte bleue, j’avais tout bon. Seulement voilà, derrière la porte bleue, pas de hall mais un escalier. Une minute, midi, midi… J’avais entendu midi sonner en traversant le patio. Si Aleph avait dit midi, ça devait être important. J’avais franchi la porte plus tard, ce n’était peut-être pas la bonne. Pas le bon moment. Pas la bonne porte. Continuer la lecture de Être ou ne pas être

Publié le

Georges et le dragon

Je suis Aleph en silence. J’ignore où nous sommes, ou quand. Nous sommes là pour étudier m’a-t-elle dit et refuse obstinément d’ajouter aucun détail. Nous avons laissé derrière nous stylos et téléphones et jusqu’à nos sous-vêtements, anachroniques. Je pensais regretter le confort des vêtements modernes mais ma tenue est plutôt pratique. Enfin tant que je n’ai pas besoin de courir.

Aleph m’a jeté un sort pendant qu’elle pensait que je ne regardais pas. Je ne regardais pas mais mon acuité magique s’est beaucoup développée depuis le début de mon apprentissage et j’ai senti le sort se déployer, effleurer ma tête et picoter ma langue. Lorsqu’il s’est enraciné, mon bouillonnement mental s’est apaisé. Elle s’est assurée que je ne parlerai pas à tort et à travers comme cela m’arrive souvent. Bien, bonne idée. J’étudie la structure du sort pendant que nous marchons : si je pouvais le lancer moi-même, je m’épargnerai bien des problèmes…

Absorbée par le sort, je percute brutalement Aleph qui s’est arrêtée et nous tombons dans la poussière du chemin. Je suis encore en train d’essayer de démêler mes jupons lorsque la raison de son arrêt apparaît, habillée d’armures de cuir menaçantes et armée d’acier, sur le dos d’une paire de chevaux. Continuer la lecture de Georges et le dragon

Publié le

Les collines

Le miroir bombé faisait onduler la vision. Les collines, que je savais pentues, devinrent des miches voluptueuses, couvertes de velours vert vif, foncèrent et virèrent au mordoré. Puis les boules de coton vertes des arbres explosèrent et laissèrent place à des squelettes sombres qui se détachaient sur la neige fraîche. D’activités humaines, pas de traces, que la pousse accélérée du blé et la trace persistante des chemins.

Aleph continuait son hallucinante danse digitale, cherchant dans le temps un repère imperceptible. L’image fluide, vivante, ralentit, perdant de sa luminosité. Les doigts se stabilisèrent à un rythme perceptible et se figèrent, tordus dans une pose impossible. Continuer la lecture de Les collines