L’amour, une émotion comme les autres?

Réflexions précédentes

Ma réflexion sur ce sujet bien spécifique de l’amour en général est partie un peu dans tous les sens cette dernière année. Je vais essayer de condenser en restant claire et sans oublier d’étape.

La difficulté première pour moi c’était : c’est quoi l’amour ? Tout le monde en parle mais quand on veut savoir précisément comment l’identifier en général la réponse c’est : tu le sauras quand tu le verras. Ma conclusion a donc été : puisque je ne sais pas, c’est donc que je ne l’ai jamais éprouvé. Triste, n’est-ce pas ?

Et peu crédible quand on me connaît un peu. J’ai donc pris la question dans l’autre sens. Cette définition du « tu le sauras quand tu le verras » suppose en fait que l’amour est une chose exceptionnelle, rarement éprouvée et immédiatement reconnaissable. Ces présupposés sont précisément la faille du raisonnement. L’amour pour moi n’a rien d’exceptionnel. Il est à l’image de mes autres émotions, en mode 1/0, tout ou rien. J’ai trouvé le bouton off assez jeune mais pas encore celui du volume.

J’explique. Je suppose que pour la plupart des gens, les émotions peuvent être plus ou moins intenses, plus ou moins faciles à ignorer, plus ou moins gérables. Je suppose parce que moi je fonctionne pas du tout comme ça. wildfireMes émotions sont un maelström permanent, un feu de forêt (bah oui, Wildfires, vous vous attendiez à quoi ?), un truc énorme, inclassable, rarement identifiable, parfaitement ingérable. En plus j’ai pas eu le mode d’emploi. Mais j’ai trouvé le robinet pour couper l’afflux. Donc j’ai fermé le robinet, d’assez bonne heure, merci les Révérendes Mères (Dune, Franck Herbert).  Enfin je dis merci mais bon, la vie sans émotions c’est pas exactement une vie, plutôt une grisaille morne qui passe, sans intérêt. Sans grande souffrance certes mais sans petits bonheurs non plus. Et là, je dis merci Damasio parce que c’est la Horde, livre cher à mon cœur qui m’a fait prendre conscience que tout ce blabla sur l’amour c’était pas que des conneries. La Horde, c’est tellement puissant que même un génie n’aurait pas pu l’inventer. Il faut l’avoir vécu. Donc l’amour existe. Ok, super mais bon ça prouve bien que je savais pas ce que c’était. Et pour cause puisque le robinet des émotions était serré serré.

Me demandez pas comment je l’ai rouvert, d’abord c’est un peu intime et puis de toutes façons je saurai par où commencer pour expliquer exactement ce que j’ai fait.

Mais je l’ai fait. Au passage, j’ai trouvé un mode d’emploi pour gérer l’incendie maelströmique : l’EFT. Ça ne m’empêche pas de souffrir mais je sais comment réagir et faire cesser rapidement les émotions douloureuses. Ça tient très honnêtement du miracle (et si, ça n’a pas l’air comme ça mais j’ai l’esprit très cartésien et je ne dis pas ça en l’air). Donc j’ai toujours mon maelström personnel, j’apprends à identifier chaque vague par son petit nom et à calmer celles qui me gêne. Tout bénèf’ !

Bref, je m’égare. Je commence donc à savoir à peu près de quoi je parle quand je parle d’amour. Sauf que. De deux choses l’une, soit la langue française n’a pas suffisamment de mots en stock pour décrire finement les nuances des différents amours possibles, soit il est vain d’espérer établir des catégories dans quelque chose qui n’est qu’un continuum sans hiatus.

Je ne parle ici que des sentiments possibles entre deux personnes (on laisse tomber les objets, les idées, les tout-ce-que-vous-voulez). Le spectre va donc de l’indifférence à l’amour fou en passant par l’amitié. Du moins c’est une possibilité. L’autre étant qu’il y a plusieurs types d’émotions distinctes qui ne sont pas les mêmes entre l’amour parent-enfant par exemple, l’amitié, l’amour entre amants… Il manquerait donc bien des mots pour décrire des choses fondamentalement différentes.

Alors bien sûr, c’est une réflexion qui est toujours en cours mais pour l’instant mon impression c’est que la distinction n’est guère qu’une question de degré et que les nuances sont très très difficiles à saisir. On pourrait tracer une limite entre les gens pour qui il y a une attirance sexuelle et les autres. Mais on peut parfaitement passer de l’un à l’autre. Pourquoi un jour telle personne me laisse « indifférente (au sens sexuel) alors que le lendemain je cherche à l’attirer dans un coin tranquille ? Pourquoi est-ce que celui-là avec qui c’était torride hier me laisse de marbre aujourd’hui ? Et dans le fond pourquoi chercher à faire rentrer les relations dans des cases bien propres et bien étiquetées ? Parce que c’est plus facile d’en parler ? Moui, peut-être mais c’est très inadéquat et hautement insatisfaisant. Les relations comme les gens sont changeantes, impermanentes. Il n’y a guère que la mort qui ne puisse changer. Alors quelle limite tracer ? Pourquoi ? J’ai décidé de ne pas en mettre, ma limite c’est celle de ce que je suis prête à être, ce que je veux devenir. Le reste n’est que littérature…

Mais je vous parlerai quand même un de ces jours du polyamour et je me fendrai peut-être même d’un commentaire sur le choc amoureux. Quand je l’aurai lu 😉

infinity-heart

Françoise Sagan
J’ai aimé jusqu’à atteindre la folie, ce que certains appellent la folie mais pour moi c’est la seule façon d’aimer.

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